vendredi 13 mai 2011
Blogger
Il semble que Blogger, le site qui héberge mon blogue, ait connu des ennuis dans les dernières heures et que, conséquemment, ma dernière entrée à été effacée... c'était le 7/7. Le problème c'est qu'il y avait beaucoup de photos et qu'en Bolivie, c'est long télécharger les photos. Je publierai donc la chose de nouveau quand j'aurai environ une heure à perdre. Désolé.
mercredi 11 mai 2011
L’aventure : affranchir le Rubicond (part. 6/7)
Sucre est morne comme un Plan Nord aujourd’hui. La ville blanche est étrangement grise en ce terne matin. Mais ce n’est point d’elle dont j’ai l’intension de vous parler, nous serons donc saufs en nous plongeant dans le matutinal soleil de l’Altiplano.
Nous en étions à ce réveil au bord des eaux qui dans leur glauque apparence nocturne nous avait plongé, au sec, dans un campement de fortune sur sa rive… Malgré le soleil en pleine ascension, l’air était pinçant, croustillant dans nos os endormis. Rapide activation, rapide exploration. En l’espace d’un battement de cil, le campement est levé, c’est ici que nous passons. Désormais aguerris de nos exploits (not !) de la veille, c’est avec fougue et sans hésitation que nous nous engageons en travers des eaux boueuses que la nuit avait enveloppées d’un restant de frimas évanoui. Le courage sur l’accélérateur, les éclaboussures dans l’immensité, notre Nissan rugit sa frayeur en frayant son chemin : nous sommes passé ! Enfin, c’est ce que nous pensons alors…
Une fois l’obstacle passé et son ridicule assumé dans nos rires, nous poursuivons notre voie dans la direction la plus chemin-morphique possible. Sur le faux plat qui masse nos roues, faux plat au sens d’accidenté relief en apparence plat, les obstacles à venir se maquillent d’innocence. Si bien que c’est subjugués que nous nous frontons finalement à la véritable rivière à franchir. Notre délai nocturne n’ayant finalement pris que la forme d’une interminable et longiligne flaque…
Photo : Lindsey
Photo : Lindsey
La rivière qui se dresse devant nous n’est point particulièrement profonde, mais elle est large et s’échappe vers l’Est dans un courant suffisant pour semer le doute en nous. Nous décidons donc de la remonter (un chemin longeant le dit cours d’eau), en espérant trouver une section davantage propice à la grande traversée. Nous nous arrêtons auprès d’une dame vivant seule (avec ses trois chiens, noirs, mauvais présage) au milieu de nul part (vraiment, plus isolé que ça t’es au fond de l’océan) qui nous donne d’indistinctes indications… La rivière comme la route de plus en plus sentier, s’enfoncent dans les montagnes et mène clairement vers le Chili (nous comprendrons plus tard qu’il s’agit d’un passage pour la contrebande entre les deux pays). Nous nous décidons alors à rebrousser chemin, pour finalement revenir à notre premier point de contact avec la rivière. La fatigue de la courte nuit et de la longue journée ayant précédée, rend les esprits moins lestes, et une certaine irritabilité emplie l’air poussiéreux. Le débat s’active. Traverser (et courir le risque de rester pris au milieu d’une rivière et tout ce que cela comporte), rebrousser chemin et passer par Sabaya (ce qui impliquerait environ 7 heures de route supplémentaires pour atteindre notre destination), tenter de passer par le Chili (et risquer de nombreux problème douaniers, Yeri n’ayant pas son passeport avec lui étant en attente d’une prolongation de visa). Notre groupe est divisé, mais nous optons finalement pour un retour vers le dernier village que nous avons croisé, soit environ 20 minutes en amont de notre route initiale…
Nous franchissons en sens inverse les divers obstacles jusqu’alors rencontrés (l’expérience commence à rentrer) et arrivons finalement à cette endroit dont j’oubli le nom et d’où un gentil évangéliste nous avait guidé la veille. C’est l’heure de la messe (il est environ 8h00-8h30). Ma journée semble déjà vieille et usée. Nous nous arrêtons histoire de faire le plein d’énergie, un brin de toilette et d’engager les pourparlers avec les locaux. Il semble qu’il soit tout à fait possible de traverser là où nous nous sommes arrêter en premier lieu (des hommes l’ont fait la veille)… il s’agit simplement de savoir où passer. Alors que nous grignotons un petit peu, Yeri joue à l’ambassadeur auprès de la population locale (vous connaissez l’expression peoples’s skills, Yeri en est définitivement l’incarnation). « Eh Lindsey, you want to get us some capital of sympathy? » Un homme souffrant de douleurs abdominales nécessite l’aide d’un médecin. Nous en avons justement une avec nous… Lindsey et Yeri disparaissent donc vers le petit dispensaire du village en compagnie du malade et d’un petit groupe de villageois… Pendant ce temps, Andrea converse avec les enfants jouant sur la place centrale, Karl et moi discutons des options s’offrant à nous, alors que le haut-parleur attaché à l’église évangéliste (il y a également une église catholique, probablement dépourvu de prêtre toutefois, dans ce petit village de quelques centaines d’habitants au maximum) diffuse le détail des activités paroissial de la journée (il semble que ce soit jour de photos aujourd’hui)…
Photo : Andrea
Photo : Lindsey
Photo : Lindsey
Au bout du petit matin, une demi-heure environ, nos acolytes sont de retour et dispensent les derniers conseils au malade. Pour les curieux, l’homme, qui est de la région de Sucre et n’est que de passage pour voir de la famille, souffre de constipation sévère depuis quelques jours. Aussi bien équipés soient-ils, les gringos en voyage trainent rarement des laxatifs avec eux, c’est plutôt le contraire disons… On traite donc avec les moyens du bar… La bonne nouvelle pour nous est que pendant toute cette opération, Yeri en a profité pour nous trouver un guide : l’infirmier du coin nous ouvrira la voie au volant de son VTT.
On fini de pacter les p’tits et on repart à nouveau en sens inverse. Notre guide n’a décidemment pas le pouce léger (l’accélérateur sur un VTT est au niveau des poignées, non ?) et nous peinons à le suivre. Il nous attend toutefois au premier point d’eau à franchir. Là, négligeant nos distinctions véhiculaires, il nous montre qu’avec un VTT, c’est vraiment facile de franchir n’importe quoi.
Photo : Lindsey
Nous prenons, disons, un peu plus de temps à franchir la chose, mais nous commençons à en avoir l’habitude, alors le tout ce fait désormais sans réelle crainte. Nous poursuivons alors vers le prochain site de traverse dans un horizon, cependant, dépourvu de guide. Disparu. Arrivés à la rivière : pas de guide.
Photo : Lindsey
Photo : Lindsey
La recherche est infructueuse. Mais où a-t-il pu aller ? Nous reprenons donc l’analyse de la situation avec cette fois l’idée qu’il est possible de franchir cette aqueuse barrière. Les pieds dans l’eau glacée, on inspecte le fond, sa fermeté, sa profondeur, le courant. On fait comme si on savait comment ça fonctionne… et on décide de passer. On passe. Joie et orgueil se confondent dans ce qui est encore une bien jeune journée.
Photo : Lindsey
Photo : Lindsey
Photo : Lindsey
Photo : Lindsey
L’aventure se poursuit donc, emplie d’une légèreté qu’elle semblait avoir perdue en cet incandescent matin. Nous sommes gaillards, portant en nous le sentiment d’avoir franchi le plus difficile. Sajama nous attends, il y a des heures qu’on l’attend. Au passage, on salue (et prend en photo) les flamands qui se prélassent, bien entendu, à 4100 mètres d’altitude…
Photo : Lindsey
Photo : Karl
On se moque des nouveaux obstacles. On retrouve finalement la route pavée et une station service. On en profite pour saluer le Chili…
Photo : Lindsey
Photo : Yeri
et on arrive à Sajama ! Déjà.
Photo : Lindsey
mardi 10 mai 2011
Sucre
Je viens d'arriver à Sucre. J'y suis pour deux semaines. J'ai peu écrit ces derniers temps, je vous dois des histoires. Je m'y mets prochainement pour un 6/7 et un 7/7, ainsi qu'une escapade à Coroico, mon avenir intellectuel et mon voyage à Sucre... À bientôt.
mardi 3 mai 2011
Politique matinale
Depuis les années 1980, lorsqu’il est question du concept de nation dans l’univers des sciences humaines, il est difficile de ne pas prendre pour point de départ, ou du moins évoquer, la définition qu’en a donnée Benedict Anderson il y a de cela plus de 25. Anderson présentait la nation comme une communauté politique imaginée – imaginée, par nature, comme limitée et souveraine.[1] L’historien explique que si elle est imaginée, c’est que malgré le fait que chaque individu constitutif de cette nation n’a pas, et n’aura probablement jamais, de rapports personnels avec la majorité des autres individus formant la communauté, il demeure à l’intérieur de chacun d’entre eux l’image de leur communion. L’auteur explique ensuite que la nation est limitée puisque que toute nation possède des frontières, précises ou non, à l’extérieur desquelles existent d’autres nations distinctes. Elle est également souveraine puisque, selon Anderson, le concept naît à une époque de bouleversement et de reconfiguration sociétaire qui engendre un désir de liberté, liberté trouvée via la projection de la nation dans l’État souverain. Finalement, la nation se présente sous la forme d’une communauté car, aux dires d’Anderson, indépendamment des inégalités et des formes d’exploitation pouvant s’y retrouver, elle est toujours conçue, d’abord et avant tout, comme une profonde et horizontale camaraderie…
Ceci étant dit, qui se sent Canadien aujourd’hui ? Au Québec, je veux dire. Qui ? Qui peut sentir cette horizontale camaraderie, cette appartenance collective, cette union/unité intangible ? Qui ? Est-ce que la politique canadienne ne vient pas de faire un bon en arrière d’environ trente ans ? C’est quoi ce foutu pays de fascistes, putain ! Et on n’est pas vraiment mieux dans notre enclave bipolaire. Comment en l’espace d’à peine trois ans peut-on passer de l’élection massive d’un parti dont le moteur principal, voire l’unique moteur, est la souveraineté du Québec (souveraineté = faire un pays, se séparer, quitter le modèle canadien, etc.) à l’élection du parti le plus fédéraliste au Canada. Allô ! dissolvez le lithium dans les aqueducs. C’est quoi la solution dans le contexte ? On peut même pas se réfugier dans l’idée de s’enfuir vers notre îlot distinct, vers l’affirmation de notre différence culturelle et politique, on vient de voter pour notre appartenance (oppositionnelle certes) à l’entité canadienne… Qu’est-ce qui vient après ? Les assassinats politiques ciblés ? J’ai ce matin tellement mal à mon pays, celui qui est à l’intérieur de moi et qui depuis qu’il existe ne cesse de mourir et mourir encore, mort-né, suicidé, avorté. À quoi donc appartiens-je, quelle est ma collectivité ? Est-ce que la compréhension mutuelle n’est pas sensée être à la base d’une collectivité partagée ? Je me sens vraiment seul en ce lendemain cataclysmique…
[1] Pour Anderson, « l’artefact culturel » qu’est le nationalisme, émerge à la fin du XVIIIe siècle par le croisement de multiples facteurs ou « forces historiques » - à l’avant-plan desquels on retrouve le capitalisme d’impression (print capitalism, porté par le déploiement massif des langues vernaculaires). Une fois cette émergence constatée, l’auteur suggère que cet artefact devient modulaire et conséquemment transposable, avec diverses variations, sur une grande variété de contextes sociaux, politiques et idéologiques.
Le développement du capitalisme d’impression semble en effet fournir un puissant vecteur de diffusion nationale dans le sens de ce qu’Anderson avance. En effet, les livres en langues vernaculaires, mais plus encore la presse offre cette plateforme identitaire commune centrale à l’idée de l’auteur. Cette idée néglige cependant le fait (et cela est particulièrement criant pour les cas russe ou latino-américain) que seule une minuscule proportion de la population d’une région appelée à devenir une nation n’est lettrée, donc apte à capté les indices à la base de l’imagination communautaire, ou encore habite une région susceptible de recevoir le message (centres urbains versus campagnes). Il m’est ainsi difficile de comprendre, de saisir comment cette vision particulièrement élitiste de la nation arrive à se disséminer à travers la large population de ce qui émerge en tant qu’État-nation. Ce problème est d’autant plus criant pour les régions à très forte minorité culturelle, ethnique ou linguistique (comme les Andes, par exemple). Ceci laisse supposer qu’à même l’État national, fondé sur une communauté imaginé par l’élite, vit une grande population qui se trouve exclue de la nation tout en y étant intégrée…
dimanche 1 mai 2011
L’aventure : La route que nous suivons (part. 5/7)
Désamboués. Une fois de plus, mais où aller ? Concrètement deux options s’offraient à nous : retraiter vers Sabaya pour y passer la nuit, ou poursuivre l’aventure au ralentit dans une nuit serpentine et terreuse. Peut-être les derniers rayons de soleil avaient-ils quelque chose de passablement séduisant, peut-être étaient-ce les restes d’adrénaline qui nous léchaient l’intérieur, peut-être n’étions nous là, au fond, que pour ça… Je propose que nous poursuivions notre odyssée vers Sajama. Nous y arriverons de nuit, mais qu’importe, la compagnie est bonne, les cœurs ragaillardis, d’une voix unanime nous décidons de marcher vers l’inconnu. En route donc, en route comme dans sur la route cette fois !
(Quelque chose va rester en moi de cette partie de l’aventure. Malgré la fatigue, l’inquiétude, voire même un brin de désespoir, nous n’avons pas perdu notre sens de l’humour. Ça m’impressionne. Le cœur est si fort parfois…)
La nuit, heureusement légère, nous tombe dessus plutôt rapidement. Les petits (petits) villages se succèdent, et nous ne manquons pas cette fois, de demander ET de suivre les indications relatives au chemin à prendre pour atteindre Sajama. On s’enfonce tranquillement dans la nuit, creusant toujours plus loin dans l’atoll des phares qui nous précède, bifurquant dans la gauche des y qui nous affrontent les uns après les autres. De jour, le Chili nous saluerait, hautain, du haut de ses pics enneigés. Il nous faudra attendre le lendemain pour sentir sa présence autrement que comme une obscure intimidation. Arrivés à [j’ai oublié le nom de ce trou perdu, genre l’univers], au sortir de l’église, un gentil évangéliste nous montre le chemin à suivre, précisant qu’une rivière nous attend. Il semble plus facile de la franchir à gauche, nous dit-il… Armés de tout le courage de l’insouciance, nous persévérons dans l’opacité néant doute des 21h de notre condition. L’invisible de la nuit rend les obstacles mystérieux, et force le repérage à pieds. Frais éduqués de nos expériences de l’après-midi, notre minutie devient exemplaire et flatte notre progression…
À la criée du salut nous voici
Armés de désespoir
Photo : Lindsey
Photo : Lindsey
Rivière. Peu profonde, mais au fond mou. Large pour notre aveuglement nocturne. Droite, gauche, droite, gauche, nous l’auscultons de notre luminosité artificielle. Que peu de doute se maintien quant à la nuit à la belle étoile que nous nous apprêtons à passer.
au nord du monde nous pensions être à l’abri
loin des carnages de peuples
de ces malheurs de partout qui font la chronique
de ces choses ailleurs qui n’arrivent qu’aux autres
incrédules là même de notre perte
et tenant pour une grâce notre condition
L’air est vif. Au tranchant des étoiles du sud, dans notre voie lactée de sécheresse environnante, nous commençons la collecte du bois qui nous chauffera. Oui mais, pas d’arbres. Un paysage d’arbustes inflammables nous enveloppe et nous suffit. Le campement s’érige. Yeri, emmitouflé, veillera au bord du feu, alors que les quatre autres partagerons la voiture dont les bagages se retrouvent sur le toi. Installés, préparés, changés, petit cidre de glace au bord du feu (c’est mon American Express, je ne par jamais sans lui), nous digérons à coup de franche camaraderie nos aventures du jour.
Photo : Lindsey
Photo : Lindsey
Photo : Yeri
La journée fut longue, la fatigue semble en être vainqueresse. Yeri s’endort. Les autres vont se coucher. J’ai toujours du mal dans la multiplicité des trop pleins à m’endormir… Frontale au front, je quitte pour une promenade.
soudain l’air égratigné de mouches à feu
je fus debout dans le noir du Bouclier
droit à l’écoute comme fil à plomb à la ronde
nous ne serons plus jamais des hommes
si nos yeux se vident de leur mémoire
Rare moment de spiritualité dans ma vie. Ou de philosophie peut-être… La spiritualité n’est-elle pas au fond une philosophie de l’être projetée en soi. Enfin, disons méditatif. Cohen, dans les oreilles, me rappellent ce qu’est être un homme. Mes yeux où ciel et mer s’influencent cristallisent mes joues ignifuges. J’ai une profonde douleur en moi qui me rend heureux. Vous n’êtes pas là. Je vais dormir.
beau désaccord ma vie qui fonde la controverse
je ne récite plus mes leçons de deux mille ans
je me promène je hèle et je cours
cloche-alerte mêlée au paradis obsessionnel
tous les liserons des désirs fleurissent
dans mon sang tourne-vents
venez tous ceux qui oscillent à l’encre des soirs
levons nos visages de terre cuite et nos mains
de cuir repoussé burinés d’histoire et de travaux
La nuit fut frissonnante. De pieds froids en travers de spleeping, l’inconfort nous soude encore davantage. Je suis bien dans mes plumes d’oie, la chaleur n’est absente que de mon nez, et n’eut été de ce trou de siège sur lequel je repose, j’eus bien dormi. Moi. Les deux heures deux heures trente de notre nuit nous jettent dans le levé du soleil. Un poème glisse à flanc de montagne, tout illuminé d’existence, porteur d’éternité. Notre dégel est dur mais beau.
Photo : Lindsey
Photo : Lindsey
Photo : Lindsey
Photo : Karl
Photo : Lindsey
nous avançons nous avançons le front comme un delta
« Good-bye, fraewell! »
nous reviendrons nous aurons à dos le passé
et d’avoir pris en haine toutes les servitudes
nous serons devenus des bêtes féroces de l’espoir
vendredi 29 avril 2011
Projection printanière en mode digression
Si je ne m'abuse, le printemps accourt par chevous. Pour moi, le printemps rime avec rosé. Or, puisque chenous, c'est l'hiver qui s'amène, je me projette et vous transmet les suggestions d'Aubry, afin que vous évitiez de vous borisvianier (Je bois/N'importe quel jaja/Pourvu qu'il est ses douze degrés cinque/Je bois/La pire des vinasses/C'est dégueulasse, mais ça fait passer le temps). Buvez-en à ma santé (mes choix : Marqués de Caceres et Château Bellevue La Forêt) :
Grand intérêt
Moma, Umberto Cesari, Italie (13,60 $ - 1144208)
Domaine du Tariquet, France (14,40 $ - 11445961) !!
Maqués de Caceres, Espagne (14,55 $ - 10263242) !!!
Carpineto, Italie (14,70 $ - 10263189) !!
Château de Nages, France (14,95 $ - 427625)
Château Bellevue La Forêt, France (15,30 $ - 219840)
Saint-Clair, Nouvelle-Zélande (18,55 $ - 11445558) !
Mission Hill, Five Vineyards, Canada (18,75 $ - 11445697) !!!
Liberty School, États-Unis (18,95 $ - 11243446)
Pétale de Rose, France (18,95 $ - 425496)
Les Églantiers, Tavel, France (19,05 $ - 11445380)
Bestheim Brut, Crémant d'Alsace, France (19,10 $ - 11445611) !!!
Intéressant
Cabernet Sauvignon/Syrah, Leon de Tarapaca, Chili (11,10 $ - 11445970)
Cerrelot des Amants, France (11,55 $ - 620682)
Borsao, Espagne (11,95 $ - 10754201) !!
Santa Rita, Chili (11,95 $ - 266502)
Casal Garcia, Vinho Verde, Portugal (12,10 $ - 11445574) !
Tempranillo, Penascal, Espagne (12,15 $ - 11446016)
Lamura, Italie (12,45 $ - 10510151)
Sangre de Toro, Espagne (13,15 $ - 11278112)
Masi Modello, Italie (13,95 $ - 10791803)
Pinot Noir, Villa Wolf, Allemagne (14,70 $ - 11446008) !
Champs de Florence, Domaine du Ridge, Québec (14,95 $ - 741702)
Château de Lancyre Pic St-Loup, France (15,05 $ - 10263841)
Le Rosé Gabrielle, Vignoble de la Rivière du Chêne (15,50 $ - 10817090)
Codorniu Pinot Noir Cava, Espagne (16,20 $ - 10499167)
Bourgogne, Bichot, France (17,15 $ - 11445566)
Pansy Kim Crawford, Australie (18,20 $ - 11447326)
Sans intérêt
Castillo di Liria, Espagne (8 $ - 897728)
Cerasuolo d'Abruzzo, Miglianico, Italie (9,95 $ - 589606)
Shiraz Fuzion, Argentine (10,10 $ - 10938781)
White Zinfandel, États-Unis (10,95 $ - 285767)
Hoya de Cadenas, Espagne (11,35 $ - 11073011)
Pinot grigio, Vivolo di Sasso, Italie (11,55 $ - 10790771)
Shiraz Two Oceans, Afrique du Sud (12,10 $ - 11278075)
Domaine Le Pive Gris, France (14,14 $ - 11372766)
Grain d'Amour, France (15,45 $ - 11445689)
Voga Rosa, Italie (14,60 $ - 11104788)
Ménage à Trois, Folie à Deux, États-Unis (19,75 $ - 10938861)
***
! À découvrir.
!! Bon rapport qualité/plaisir/prix.
!!! Coup de coeur.
Moma, Umberto Cesari, Italie (13,60 $ - 1144208)
Domaine du Tariquet, France (14,40 $ - 11445961) !!
Maqués de Caceres, Espagne (14,55 $ - 10263242) !!!
Carpineto, Italie (14,70 $ - 10263189) !!
Château de Nages, France (14,95 $ - 427625)
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Saint-Clair, Nouvelle-Zélande (18,55 $ - 11445558) !
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Bestheim Brut, Crémant d'Alsace, France (19,10 $ - 11445611) !!!
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Cabernet Sauvignon/Syrah, Leon de Tarapaca, Chili (11,10 $ - 11445970)
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Borsao, Espagne (11,95 $ - 10754201) !!
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Casal Garcia, Vinho Verde, Portugal (12,10 $ - 11445574) !
Tempranillo, Penascal, Espagne (12,15 $ - 11446016)
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Sangre de Toro, Espagne (13,15 $ - 11278112)
Masi Modello, Italie (13,95 $ - 10791803)
Pinot Noir, Villa Wolf, Allemagne (14,70 $ - 11446008) !
Champs de Florence, Domaine du Ridge, Québec (14,95 $ - 741702)
Château de Lancyre Pic St-Loup, France (15,05 $ - 10263841)
Le Rosé Gabrielle, Vignoble de la Rivière du Chêne (15,50 $ - 10817090)
Codorniu Pinot Noir Cava, Espagne (16,20 $ - 10499167)
Bourgogne, Bichot, France (17,15 $ - 11445566)
Pansy Kim Crawford, Australie (18,20 $ - 11447326)
Sans intérêt
Castillo di Liria, Espagne (8 $ - 897728)
Cerasuolo d'Abruzzo, Miglianico, Italie (9,95 $ - 589606)
Shiraz Fuzion, Argentine (10,10 $ - 10938781)
White Zinfandel, États-Unis (10,95 $ - 285767)
Hoya de Cadenas, Espagne (11,35 $ - 11073011)
Pinot grigio, Vivolo di Sasso, Italie (11,55 $ - 10790771)
Shiraz Two Oceans, Afrique du Sud (12,10 $ - 11278075)
Domaine Le Pive Gris, France (14,14 $ - 11372766)
Grain d'Amour, France (15,45 $ - 11445689)
Voga Rosa, Italie (14,60 $ - 11104788)
Ménage à Trois, Folie à Deux, États-Unis (19,75 $ - 10938861)
***
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!!! Coup de coeur.
jeudi 28 avril 2011
L’aventure : Sables émouvants (part. 4/7)
Photo : Lindsey
Dîner aux abords du salar. Petit Chardonnay/Sauvignon blanc (c’est les vacances, non ?), puis on reprend la route… Retour sur Sabaya. Inchangée. Nouvelle interrogation des locaux : Sajama, c’est par où ? Par Là. Là ? Là. Vraiment ? Oui. Ok ! Il y a une belle constance dans les routes que nous empruntons… disons qu’elles partagent la nécessité de conduire un véhicule robuste. Plus on s’enfonce dans l’isolement altiplanesque, plus les sentiers s’avèrent cahoteux, sablonneux, obstaculeux. Notre chemin de terre/sable, nous mène de pueblo en pueblo où Yeri, guide officiel de la fin de semaine, s’assurent auprès des locaux de la direction à emprunter. Je dois évoquer que depuis la veille déjà, avant Oruro, nous opérons sans signal GPS, bien entendu, mais que nous roulons également sur des routes qui sont absentes du matériel cartographique à notre disposition, d’où la nécessaire et constante enquête auprès des habitants que nous croisons. Dans le doute, on prend à gauche. C’est entendu.
I like the peace/In the backseat/I don't have to drive/I don't have to speak/I can watch the countryside/And i can fall asleep. Not ! Notre parcours, des plus excitant jusque là, s’intensifie à nouveau. Happé au détour d’un doute, Yeri décide de couper à travers champs. Vraiment. On a un 4X4, aussi bien en profiter. On coupe donc à travers champs. À droite.
Photo : Andrea
Le trajet se fait conséquemment plus cahoteux, malgré le transfert du brun/beige/sable au vert gazonné. Le problème avec les déplacements cross-country est, en toute logique, l’absence de route. Cette particularité ne génère pas tant un inconfort qu’une absence de direction préétablie. Ceci peut, par extension, mener à, disons, certains obstacles.
Photo : Lindsey
Photo : Andrea
Puisque notre positionnement nous isole de toute structure directionnelle humainement établie (alias route), la logique semble être de suivre les balises imposées par la nature elle-même. Nous décidons, un peu tacitement, de remonter le long du cours d’eau en espérant trouver une section suffisamment asséchée pour permettre notre passage. Assoupi au milieu du plat, un tel endroit semble s’offrir à nous dans le lit bien sec d’une rivière à proximité de notre emplacement. Peut-être pas si sec finalement…
Photo : Lindsey
Si j’étais croyant, je dirais Dieu merci, Yeri avait pensé apporter une pelle au cas où de tels problèmes surviendraient. On se met au travail. Pelte, pelte, pousse, pousse. Pelte encore, pousse encore. La situation s’avère bien moins pire qu’un hiver montréalais, de sorte qu’au bout de quelques minutes, nous parvenons à nous extraire de la fâcheuse position dans laquelle notre enthousiaste témérité nous avait empêtrée.
Photo : Lindsey
Photo : Lindsey
Une fois le passage de l’obstacle accompli, tout ne va pas forcément pour le mieux dans le meilleur des mondes, car, comme dirait Ruben dans Ocean’s Eleven, « You’re still in the middle of the fuckin’ desert ! » Mais où aller ? On fonce, zigzaguant quelque peu au milieu de la végétation dispersée. On s’enligne vers le nord où, logiquement (théoriquement), la route pour poursuivre vers Sajama nous attend. Petites clôtures, fils électriques, il y a une odeur positive de civilisation qui laisse présager que nous sommes dans la bonne direction. La végétation apparaît moins dense, le sol est même plus plat, on sent se dessiner sur le court horizon ce qui semble être le profil d’un sentier, nous arrivons, ho shit, au milieu d’un champs de boue. We’re fuckin’ stuck. Deeply.
Photo : Lindsey
Photo : Lindsey
Je n’avais jamais expérimenté le fait d’être embourbé dans la boue. C’est lourd la boue. C’est plein de racines la boue. C’est glissant (et salissant) la boue. Sort la pelle, on recommence. Je vous assure que pelleter à 4200 mètres d’altitude une matière plus pesante que la plus mouillée des neiges mouillées, c’est dur sur le système. Pour des raisons de condition physique, de santé et de simple force, c’est pas mal juste moi qui pelte (Yeri s’est fracturée la colonne vertébrale il y a de cela quelques années et il en subit encore à ce jour les conséquences, Karl était quelque peu malade et les filles étaient des filles ;)). Pelte, pelte, pousse, pousse. On spin dans l’beurre. Une demie heure, une heure, deux heures… le temps passe et l’on est toujours coincé au milieu de nul part. Yeri tente de joindre par téléphone quelqu’un qui pourrait venir nous aider. Où ? Environ à 20 minutes au nord ouest de Sabaya, au milieu d’un champ… Congé pascal et milieu de nul part obligent, personnes ne peut nous aider. Le soleil descend de plus en plus rapidement. Alors qu’il nous reste environ une quarantaine de minutes de soleil, la fatigue commence à se faire sentir et on commence à penser à une solution pour la nuit. Marché jusqu’à Sabaya ? pas vraiment. Dormir dans le 4X4 ? plus probable. Mais moi, je garde espoir. Après avoir essayé toute sorte de trucs (paille, sacs de toile, bouteilles d’eau), on sort les tapis caoutchoutés pour les glisser sous les roues, et l’expertise made in Québec s’impose alors. On réussi finalement à créer un parfait mouvement de balancier, et à quatre à pousser du plus fort que nous n’avons jamais pousser, on réussi finalement à se dépêtrer. Au bout de trois heures de dur labeur. À posteriori, mes compagnons de routes admettront qu’ils étaient convaincus que nous allions y passer la nuit. Étrangement, j’étais le seul à y croire encore…
Photo : Lindsey
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